Il est temps de revitaliser le mouvement contre la guerre

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Vendredi 16 Juin 2017

Illustration d’un mur de briques sur lequel figurent des graffitis illustrant le symbole de la paix, une main faisant le signe de la paix et une colombe.

La puissance militaire du Canada n’était certainement pas l’un des enjeux de la campagne électorale de Justin Trudeau. À aucun moment de la campagne les libéraux ont-ils parlé d’augmenter le budget de la défense ou d’utiliser la « puissance dure » à l’étranger. Pourtant, le récent discours de Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères, jumelé à l’annonce d’une augmentation de 70 % des dépenses militaires du gouvernement fédéral, a de quoi inquiéter. Stephen Harper n’aurait jamais osé faire une telle annonce. La population canadienne n’aurait jamais accepté une telle hausse du budget militaire de la part des conservateurs, compte tenu du piteux état de nos hôpitaux, de nos écoles et de nos infrastructures, du fait que les communautés autochtones sont complètement laissées pour compte par le système économique, et de l’absence de véritables mesures pour lutter contre les changements climatiques. Nous n’aurions jamais laissé Stephen Harper consacrer un montant additionnel de 14 milliards de dollars par année aux dépenses militaires. Pourquoi laisserions-nous Justin Trudeau le faire?

 

La récente révélation indiquant que les libéraux avaient planifié leur « virage » en matière de politique étrangère bien avant leur arrivée au pouvoir constitue un exemple flagrant de ce que représente ce gouvernement. Ils savaient qu’ils allaient adopter une telle position, mais ils n’en ont rien dit à la population. La raison de ce silence est évidente. Personne n’aurait cru aux promesses de « voies ensoleillées » des libéraux si la vérité avait alors été connue, c’est-à-dire que le Parti libéral planifiait une augmentation massive du budget de la défense afin de faire valoir la puissance militaire canadienne partout dans le monde. Comment un parti qui prétend croire aux principes démocratiques peut-il justifier la non‑divulgation d’un virage aussi important en matière de politique étrangère? Les libéraux ne sont pas dignes de confiance.

 

Un gouvernement qui accorde la priorité aux dépenses militaires est un gouvernement qui entend utiliser ses forces armées. Personne n’a porté les libéraux au pouvoir pour qu’ils se lancent dans des aventures militaires. Malheureusement, la suite des évènements est évidente. Ce n’est qu’une question de temps avant que le gouvernement libéral commence à envoyer des troupes canadiennes à l’étranger pour participer à des guerres qui n’ont rien à voir avec la défense du pays contre une invasion. La ministre Freeland l’admet elle-même dans son discours.

 

Sous le gant de velours du gouvernement libéral se cache la main de fer de la classe dirigeante canadienne. Le gouvernement Trudeau travaille pour la même élite que servait le gouvernement Harper, pour les mêmes intérêts qui essaient de réduire les salaires et de dégrader les conditions de travail, pour les mêmes dirigeants des grandes entreprises qui détruisent l’environnement, violent les traités conclus avec les peuples autochtones et exploitent de manière impitoyable les travailleuses et travailleurs partout dans le monde. Nous avons un nouveau patron, mais il est tout à fait comme l’ancien.

 

Les 14 milliards de dollars que les libéraux proposent d’ajouter chaque année au budget militaire proviennent directement des fonds destinés à des dépenses sociales absolument nécessaires. Cet argent pourrait garantir la gratuité des études universitaires à l’ensemble de la population étudiante. Il pourrait fournir de l’eau potable aux résidents de toutes les réserves autochtones du pays. Il pourrait servir à offrir un toit à tous les itinérants. Mais, de toute évidence, le gouvernement a d’autres priorités.

 

Ceux et celles qui prônent la paix et la justice doivent sérieusement réfléchir à la revitalisation du mouvement contre la guerre. Il ne fait aucun doute que nous en aurons besoin.