Régime de retraite des travailleurs et travailleuses des postes : les campagnes de peur, ça suffit

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Vendredi 24 Novembre 2017

 Travailleuse des postes au volant d’un camion de livraison regardant directement l’appareil photo d’un air sérieux.

 

Les négociations entre Postes Canada et le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) viennent à peine de commencer que déjà, des attaques publiques contre le régime de retraite se font entendre. Cette semaine, le National Post a publié un article d’opinion dont l’auteur, Terence Corcoran, s’en prend au régime de retraite des travailleurs et travailleuses des postes. M. Corcoran dépasse totalement les bornes : non seulement il brosse un portrait déformé du régime de retraite, mais en plus, il reproche au STTP d’avoir « orchestré » la saga des conflits d’intérêt flagrants impliquant le ministre des Finances, Bill Morneau.

   

Selon M. Corcoran, il n’y a rien de répréhensible à posséder des millions de dollars en actions d’une société qui gère des régimes de retraite et à présenter un projet de loi susceptible de modifier en profondeur la réglementation touchant les régimes de retraite. Nous estimons que la population est en désaccord avec la position de M. Corcoran. Un conflit d’intérêt aussi flagrant soulève des questions sur l’impartialité du ministre qui a présenté un tel projet de loi. M. Morneau aurait dû placer ses avoirs dans une fiducie sans droit de regard, comme il avait dit qu’il le ferait durant la campagne électorale.      

 

M. Corcoran ne s’arrête pas là : il détourne de façon éhontée la position du STTP (qu’il n’a même pas pris la peine de nommer correctement). Le STTP n’a jamais demandé au gouvernement de subventionner son régime de retraite. Il défend la même position que celle adoptée par Postes Canada auprès du gouvernement en 2009. Le STTP croit que le critère de solvabilité est faussé et qu’il est très peu logique de l’appliquer à une société d’État, car agir de la sorte entraîne un crise là où il n’y en a pas. Il serait plus logique de doter les régimes de retraite des sociétés d’État d’un cadre réglementaire semblable à celui du Régime de retraite de la fonction publique ou celui du Régime de pension du Canada. Ces régimes de retraite sont administrés en fonction du principe de pérennité. De façon délibérée, M. Corcoran omet de mentionner que l’excédent sur le plan de la continuité dont dispose le régime de retraite de Postes Canada se chiffre à 1,8 milliard $.

 

Pareilles erreurs auraient sans doute pu être évitées si l’auteur s’était donné la peine de communiquer avec le STTP avant de publier son article. 

 

La vérité, c’est qu’il n’y a pas de crise à Postes Canada. La société d’État dégage de généreux profits grâce à la livraison de colis, dont le nombre est en pleine expansion en raison de l’essor des achats en ligne. Le régime de retraite est viable, et il n’est aucunement subventionné. Les profits de Postes Canada augmentent, et le déficit de solvabilité du régime de retraite diminue. Il est temps que cessent les campagnes de peur et que les travailleurs et travailleuses des postes soient respectés pour leur apport au succès de Postes Canada.   

 

Complément d’information sur le régime de retraite de Postes Canada :

http://www.sttp.ca/fr/campaign/resources/le-r%C3%A9gime-de-retraite-de-postes-canada