L'histoire des femmes dans les syndicats des postes

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Mercredi 21 Mars 2001
L'histoire des femmes dans les syndicats des postes
1880-1881 : Une commission royale recommande l'embauche de femmes dans la fonction publique car, semble-t-il, elles se contenteraient de salaires inférieurs. En 1884, le ministère des Postes à Ottawa compte 22 commis féminins de troisième classe, soit plus que dans tout autre ministère fédéral.

1906 : Une autre commission royale constate que la presque totalité des 366 commis de troisième classe au ministère des Postes à Ottawa est composée de femmes. Cette situation pose problème car, pour accéder aux échelons supérieurs, traditionnellement réservés aux hommes, il faut de l'expérience comme commis.

1914 : La division des femmes de l'Association de la fonction publique d'Ottawa est créée et nie être un groupe de « militantes » ou de « suffragettes ». (Une employée des postes est l'une des fondatrices de la division.) Néanmoins, la division dénonce le refus fait aux femmes d'accéder à des postes de commis de deuxième classe et demande un salaire égal pour un travail égal et la promotion des femmes à des postes pour lesquels elles sont qualifiées.

1914-1918 : Un certain nombre de femmes travaillent comme factrices durant la Première Guerre mondiale.

1918 : Au cours de la grève postale de 1918, les épouses des grévistes ouvrent une importante manifestation d'appui dénonçant les briseurs de grève, organisée par des syndicats dans les rues de Toronto en direction de Queen's Park. La manifestation vise à faire taire les rumeurs orchestrées par des amis de la direction, selon lesquelles les femmes des grévistes exercent des pressions sur leurs maris pour qu'ils retournent au travail.

1947 : Le ministère des Postes congédie les femmes mariées embauchées comme factrices et commis des postes durant la Deuxième Guerre mondiale pour laisser la place aux hommes, surtout aux anciens combattants. Dans toute la fonction publique, seul le ministère de la Défense embauche un plus grand nombre d'anciens combattants.

1950 : Dans les années 50 et 60, le ministère des Postes embauche un grand nombre de travailleuses à temps partiel ou occasionnelles, mal rémunérées. Le Syndicat s'oppose à l'embauche de femmes. Une section locale affirme ce qui suit devant une commission royale d'enquête sur les postes : « Nous nous opposons à l'embauche de femmes à des postes de commis parce que trop souvent, elles ont droit à un traitement de faveur; elles sont affectées à des emplois n'exigeant aucun effort physique. »

1955 : Les restrictions concernant les femmes mariées travaillant dans la fonction publique sont abolies.

1959 : La première femme est élue à un poste national (non à plein temps) dans le syndicat qui existait avant le STTP, soit l'Association des employés des postes du Canada. Elle occupe le poste de vice-présidente régionale du nord du Québec.

1961 : La Loi sur le service civil interdit toute forme de discrimination fondée sur la race, l'origine, la couleur et la religion, en plus d'énoncer des exigences linguistiques, mais ne contient aucune mention de la discrimination fondée sur le sexe.

1964 : La seule factrice au Canada, Norah Stackard, est congédiée après 1,5 jour de travail parce qu'elle est une femme. Un porte-parole du ministre des Postes dit que les emplois de facteurs seront réservés aux hommes jusqu'à ce que la Commission du service civil et le ministère des Postes aient terminé une étude sur la faisabilité d'embaucher des factrices. Le président de la section locale de Victoria de l'Association fédérale des facteurs proteste aussi contre l'embauche de femmes. « C'est un travail d'hommes », déclare-t-il.

1965 : La conception d'un nouveau chapeau devant remplacer la casquette des facteurs tient compte des femmes. Au début des années 70, des femmes deviennent factrices, surtout dans les collectivités où il y a beaucoup d'emplois bien rémunérés à l'intention des hommes. En 1965, le ministère des Postes compte 23 644 employés à temps plein. De ce nombre, seulement 619 (ou 3 p. 100) sont des femmes. Le pourcentage des femmes dans le reste de la fonction publique fédérale est de 30 p. 100.

1967 : Les effectifs du ministère des Postes sont composés de 12 200 travailleurs internes à temps plein et de 10 400 facteurs. On y retrouve aussi 3 200 employés à temps partiel, presque tous des commis féminins.

1967 : Le STTP syndique les effectifs à temps partiel, composés majoritairement de femmes. Au début, le STTP s'oppose à l'inclusion du personnel à temps partiel dans le syndicat. Le pourcentage de femmes au sein du STTP passe de 6 p. 100 en 1966 à près de 20 p. 100 en 1970.

1971 : Jackie Horkey est la première femme à se faire élire comme dirigeante à plein temps d'une section locale. Les femmes sont présentes dans les comités exécutifs des sections locales depuis les années 50, où elles occupent surtout les postes de secrétaire.

1974 : Le STTP déclenche une grève illégale contestant la création d'une classe d'emplois mal rémunérée, celle des codeurs et codeuses. Le travail aux machines de codage devient un ghetto d'emplois pour les femmes, car ce travail est mal rémunéré et de nature répétitive.

1975 : Les travailleuses et travailleurs à temps partiel sont intégrés à l'unité de négociation des travailleuses et travailleurs à plein temps. Au fil des ans, les avantages des deux groupes deviennent les mêmes.

1976 : Le premier Comité local de femmes du STTP voit le jour à Vancouver.

1977 : Karen Nichols, de la région de l'Ontario, devient la première femme nommée à un poste régional à temps plein au sein du STTP.

1977 : Maddie Stockwell est la première femme nommée au Comité de négociation du STTP.

1978 : Collette Forest est élue secrétaire-trésorière de l'Union des facteurs du Canada, section locale 15 d'Edmonton. Elle est la première dirigeante à plein temps de l'UFC.

1980 : Le STTP, à son congrès national, tient une première séance consacrée à la condition féminine.

1981 : Le STTP fait la grève pour obtenir le congé de maternité payé. À l'époque, un seul groupe avait négocié un congé de maternité payé - le Front commun des travailleuses et travailleurs de la fonction publique du Québec. La grève du STTP rallie les groupes de femmes et attire l'attention de l'ensemble de la population du pays sur la question. La moitié des conventions collectives au Canada incluent maintenant une forme quelconque de congé de maternité payé.

1983 : Les déléguées et délégués au congrès national du STTP approuvent l'ajout de politiques sur la condition féminine dans les statuts nationaux - harcèlement sexuel, garde d'enfants, congé parental, parité salariale, accès aux emplois non traditionnels, libre choix en matière de reproduction, opposition à la violence faite aux femmes et incitation à créer des comités de femmes.

1983 : Deborah Bourque de la section locale de Fundy est élue permanente syndicale nationale, devenant ainsi la première femme élue à un poste national au sein du STTP.

1984 : L'UFC forme son premier Comité national des femmes.

1985 : Caroline Lee de la section locale de Vancouver devient la première femme élue membre du Comité exécutif national du STTP.

1986 : Lorraine Tew est la première femme à être nommée au Comité de négociation de l'UFC.

1987 : Le STTP négocie une disposition prévoyant une étude sur la garde d'enfants. Terminée en 1990, l'étude fait état des importantes difficultés éprouvées par les membres à ce sujet.

1989 : Le STTP (42 p. 100 de femmes) et l'UFC (11 p. 100 de femmes) deviennent un seul syndicat. Le nouveau syndicat est formé de 29 p. 100 de femmes.

1990 : Un Comité national des femmes est constitué afin de promouvoir la pleine participation des femmes à tous les paliers du syndicat, de cerner les questions qui touchent les femmes au travail et d'offrir des programmes d'éducation sur les questions d'équité.

1992 : Le STTP négocie un fonds pour la garde d'enfants de deux millions de dollars qui est contrôlé par un comité mixte syndical-patronal.

1992 : Susan Dennis de la région des Prairies devient la première femme élue à un poste de directrice nationale du STTP.

1993 : Une séance de perfectionnement des aptitudes à l'intention des femmes est ajoutée aux séminaires d'éducation régionaux.

1994 : Les séminaires d'éducation régionaux incluent des séances de formation sur les questions d'équité intitulées « Échange entre hommes et femmes ».

1995 : Le premier programme de formation au leadership à l'intention des femmes du STTP est offert à Port Elgin, en Ontario.

1996 : Le congrès national décide que tous les comités nationaux du syndicat et les délégations aux séminaires d'éducation doivent être composés d'un nombre égal d'hommes et de femmes.

1999 : Le syndicat offre le premier cours « Force et Pouvoir » à l'intention des femmes au Centre d'éducation familial des TCA à Port Elgin en Ontario. Le programme de formation traite de l'incidence de l'évolution du climat socio-économique sur les femmes et des moyens de mobilisation.

2000 : Des membres du STTP, d'un bout à l'autre du pays, se joignent à des dizaines de milliers de femmes à Montréal et à Ottawa pour marquer la marche mondiale des femmes.