Journée nationale des peuples autochtones : le 21 juin et chaque jour de l’année, célébrons les valeurs autochtones et la Terre mère

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Jeudi 14 Juin 2018
2015-2019/377

Affiche : la Journée nationale des peuples autochtonesLe 21 juin est le jour le plus long de l’année dans l’hémisphère nord. Traditionnellement, cette journée est vénérée parce qu’elle symbolise le renouvellement du cycle de la vie et du cycle des saisons. Afin de célébrer l’héritage unique, les cultures diverses et les contributions remarquables des peuples autochtones du Canada, le gouvernement canadien a reconnu le 21 juin comme étant la Journée nationale des peuples autochtones.

 

Chaque jour compte

La bénédiction du gouvernement fédéral n’est pas nécessaire pour valider la présence millénaire des peuples autochtones au Canada. Les gouvernements coloniaux, poussés par leur soif de ressources naturelles, ont tenté, les uns après les autres, d’éradiquer les cultures et les langues autochtones. Dans leur quête insatiable, ils se sont peu soucié de la terre, de l’eau, des gens et des animaux. Une simple « journée de célébration » ne saurait être une solution à une tragédie d’une telle ampleur.

Pourquoi ne pas d’abord s’arrêter à la façon dont nous vivons et nous comportons sur cette terre? Pourquoi ne pas s’intéresser aux héros autochtones, que ce soit l’histoire de Sitting Bull ou celle des grands-mères d’Oka ou encore le mouvement Idle No More? Il y a tant à apprendre des luttes des peuples autochtones. S’y intéresser est un début de justice.  

En 1995, la Commission royale sur les peuples autochtones recommandait au gouvernement de désigner une journée nationale en l’honneur des Premières nations. La réconciliation exige toutefois beaucoup plus que des gestes de bonne intention. Nous avons la possibilité de nous inspirer de milliers d’années de connaissances et de valeurs pour créer une société d’entraide et de bienveillance. Le système traditionnel des valeurs autochtones ne permettait pas l’exploitation abusive de la terre et ne traitait pas les travailleuses et travailleurs comme des objets jetables. Pour les Autochtones, le monde n’était pas divisé entre gagnants et perdants.

 

« Nous n’avons jamais perdu notre identité; nous avons conservé nos traditions »

Cette année, le STTP a reproduit l’œuvre émouvante de Shelly Fletcher. Artiste visuelle, peintre et sculpteuse sur pierre, elle est issue de la Première Nation crie de Missanabie. Pendant longtemps, ses ancêtres ont vécu dans les vastes territoires situés entre la baie d’Hudson et les Grands Lacs.

L’œuvre de Mme Fletcher nous rappelle que les Premières Nations au Canada ont affronté et continuent de surmonter les épreuves causées par les traumatismes historiques qu’ont été les pensionnats autochtones et la rafle des années 1960, où les enfants étaient enlevés aux parents, puis placés dans des familles d’accueil et des pensionnats. L’accent est mis sur la richesse et la diversité des traditions. On y représente les tribus de l’Est avec leur coiffe en pointe et du foin d’odeur, un jeune danseur cri/ojibway et son châle somptueux, l’Autochtone de la côte Ouest revêtu d’une tunique en lanières de cèdre et, enfin, l’Inuit portant la traditionnelle parka. Tous affichent fièrement leurs traditions encore bien vivantes. [traduction] « Nous assurons notre survie sur cette terre depuis des siècles. Nos racines sur l’Île de la Tortue sont profondes. Notre héritage est fait de résilience. Nous sommes des nations fières pour qui les traditions sont synonymes d’avenir. Nos langues, nos danses, nos tambours et nos cérémonies nous ont empêché de disparaître. Nous n’avons jamais perdu notre identité; nous avons conservé nos traditions », a déclaré Mme Fletcher.

En cette ère de croissance constante où nos lieux de travail ne sont que surmenage et stress, nous avons l’occasion de témoigner notre solidarité avec les luttes autochtones pour la Terre mère et notre survie sur cette planète. Nous ne pouvons pas continuer de polluer l’eau, de détruire la terre et de traiter les travailleuses et travailleurs comme des mules. Nous devons nous joindre à la lutte pour un avenir meilleur où nos enfants et petits-enfants pourront vivre dans le respect et la dignité.

Cet avenir peut en être un d’espoir et d’unité. Partout sur la terre, les hommes et les femmes se battent pour la dignité et le respect. Il y a bien des années, un garçon de 12 ans, Chanie Wenjack, déterminé à retourner dans sa famille, a fui le pensionnat-prison où il était victime de mauvais traitements. Il est mort de froid, seul, pendant son long périple.

Dans un certain sens, Chanie Wenjack marche toujours. Aurait-il pu imaginer que son sacrifice tranquille et solitaire apporterait autant de force et de conscience à d’autres personnes aujourd’hui? Il a emprunté un chemin de transcendance qu’il nous revient de poursuivre. Participez aux activités du 21 juin dans votre région et, chaque jour, appuyez les luttes autochtones dans votre collectivité.

En toute amitié, solidarité,

Dave Bleakney
2nd National Vice-President