Trente ans depuis Polytechnique : où en sommes-nous?

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Vendredi 6 Décembre 2019
2019-2023/059

SIX DÉCEMBRE - Journée nationale de commémoration et d'action contre la violence faite aux femmesLe meilleur hommage à rendre aux victimes : mettre fin à la violence fondée sur le sexe

Le 6 décembre 1989, un homme, armé d’un fusil semi-automatique, entre dans une classe de génie mécanique à l’École Polytechnique de Montréal. Il sépare les femmes des hommes, puis ouvre le feu sur les jeunes femmes. Il en tue 14 et blesse 13 autres personnes.

Qui ne se souvient pas de cette histoire où des femmes sont tuées parce qu’elles sont des femmes? Dans sa note de suicide, le tueur accuse les féministes d’avoir ruiné sa vie et affirme que ces meurtres sont sa façon de « combattre le féminisme ».

À l’époque, et on tend à l’oublier, la police refuse de reconnaître ou même d’admettre ce que le meurtrier a écrit noir sur blanc, à savoir que son crime est dirigé contre les femmes.

La tuerie de la Polytechnique, c’était il y a 30 ans. Nous avons eu 30 ans pour devenir une société meilleure. Des progrès, il y en a eu, mais la violence fondée sur le sexe est loin d’être disparue, tout comme notre réticence à nommer les choses par leur nom.

Selon la Fondation canadienne des femmes, au Canada : 

  • La moitié des femmes ont subi au moins un incident de violence physique ou sexuelle depuis l’âge de 16 ans.
  • Tous les six jours environ, une femme est assassinée par son partenaire intime.
  • Jour après jour, 3 491 femmes et 2 724 enfants dorment dans des refuges à cause de menaces à leur sécurité à la maison.
  • Tous les jours, près de 300 femmes et enfants se buttent à une porte close parce que les refuges sont déjà pleins.
  • Les femmes autochtones sont six fois plus nombreuses à être assassinées que les non autochtones. 

La cyberviolence, qui comprend les menaces en ligne, le harcèlement et le harcèlement criminel, est devenue un prolongement de la violence faite aux femmes. Les jeunes femmes (de 18 à 24 ans) sont plus susceptibles d’en être victimes sous ses formes les plus graves, dont le harcèlement de nature criminelle ou sexuelle et les menaces physiques.

Pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe, il faut d’abord reconnaître et accepter qu’elle existe. Il faut écouter les femmes qui racontent leur histoire. Il faut se débarrasser de ses préjugés, être prêts à écouter et à apprendre, et demander ce qu’on peut faire. La violence faite aux femmes est un problème de société qui touche tout le monde et qui exige que nous fassions tous notre part pour l’enrayer.

Aujourd’hui et tous les jours de l’année, souvenons-nous des 14 jeunes femmes qui ont été tuées et de toutes les autres femmes victimes de violence fondée sur le sexe, et promettons de devenir de meilleures personnes. Ensemble, mettons fin à la violence inutile.

 

Solidarité,

Jan Simpson
Présidente nationale
Julee Sanderson
1re vice-présidente nationale
Beverly Collins
Secrétaire-trésorière nationale